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Diane, toujours assise dans le grenier de Papy Philippe, fronça les sourcils. Cette histoire de force invisible la laissait perplexe. Comment quelque chose d’invisible pouvait-il tirer sur les planètes comme une corde ?
Elle baissa les yeux vers la machine. Peut-être que quelqu’un avait une meilleure réponse…
Elle inspira profondément et poussa l’avant-dernier levier, celui marqué 1950.
Comme à chaque fois, la machine s’anima, des lumières clignotèrent, et Diane sentit son estomac se tordre légèrement avant qu’un tourbillon de lumière ne l’engloutisse.
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, Diane se retrouva dans un bureau encombré de livres et de papiers. De grandes étagères débordaient de documents couverts d’équations étranges. Assis à un bureau, un vieil homme aux cheveux blancs ébouriffés griffonnait quelque chose avec un crayon.
Il releva la tête et l’observa avec curiosité derrière ses lunettes rondes.
— Oh ! Une jeune visiteuse ! Que puis-je pour toi, ma petite ?
Diane sentit son cœur s’accélérer.
— Vous êtes… Albert Einstein ?
L’homme sourit malicieusement et hocha la tête.
— En chair et en os !
Diane hésita un instant, puis se lança :
— Monsieur Einstein… On m’a dit que la gravité était une force invisible qui attire les choses entre elles. Mais… ça me semble bizarre.
Einstein éclata de rire.
— Bravo ! Tu es déjà plus perspicace que beaucoup de savants !
Il se leva et se mit à marcher lentement dans la pièce, les mains dans le dos.
— Pendant longtemps, on a cru, comme Newton, qu’il existait une force qui tirait les objets les uns vers les autres. Mais moi, j’ai découvert que ce n’est pas une force du tout !
Diane fronça les sourcils.
— Mais alors… c’est quoi ?
Einstein attrapa un drap qu’il posa sur une table et plaça une boule en son centre. Le tissu s’affaissa autour de la boule.
— Imagine que l’Univers est comme ce tissu. Si tu poses une grosse boule dessus, il se déforme.
Diane observa la courbe formée par le drap et hocha la tête.
— D’accord…
Einstein sourit et fit rouler une petite bille sur le tissu. La bille suivit la courbure et se mit à tourner autour de la grosse boule.
— Tu vois ? Ce n’est pas une force qui attire la bille, c’est juste qu’elle suit la courbe du tissu !
Diane écarquilla les yeux.
— Alors, la Terre tourne autour du Soleil non pas parce qu’une force l’attire, mais parce que l’espace est déformé autour du Soleil ?
Einstein tapa dans ses mains, ravi.
— Exactement ! La gravité, ce n’est pas une force invisible, c’est la façon dont l’espace lui-même se courbe autour des objets massifs !
Diane sentit sa tête tourner.
— C’est incroyable…
Einstein hocha la tête et s’assit à nouveau.
— L’Univers est rempli de surprises, ma chère. Et j’ai aussi découvert autre chose : la vitesse de la lumière est une limite absolue. Rien ne peut aller plus vite qu’elle.
Diane haussa un sourcil.
— Même pas une fusée ?
Einstein sourit.
— Non, même pas une fusée. La lumière voyage toujours à la même vitesse, peu importe d’où on la regarde.
Diane réfléchit, puis se souvint d’une chose.
— Je connais votre fameuse équation ! E = mc² !
Einstein la fixa avec surprise avant d’éclater de rire.
— Ah ! Une jeune fille de ton âge qui connaît ma formule ?
Diane hocha la tête, fière d’elle.
— Mon Papy Philippe a un tableau avec cette équation dans son salon !
Einstein rit encore plus fort et secoua la tête.
— Décidément, ton grand-père a bon goût !
Puis, il se pencha vers elle.
— Cette équation dit que l’énergie et la masse, c’est un peu la même chose. Avec assez d’énergie, on peut créer de la matière, et avec assez de matière, on peut créer beaucoup d’énergie. C’est ainsi que fonctionnent les étoiles… et aussi, hélas, les bombes atomiques.
Diane sentit un frisson lui parcourir le dos.
— C’est à cause de votre découverte qu’on a créé ces bombes ?
Einstein baissa les yeux, son sourire s’effaçant légèrement.
— Malheureusement, oui… J’aurais voulu que cette découverte ne serve qu’à comprendre l’Univers, mais l’Homme en a fait autre chose.
Il se redressa et retrouva son air malicieux.
— Mais tu sais, mes équations disent aussi qu’il pourrait exister dans l’Univers des endroits très étranges, où la gravité est si forte que rien ne peut s’en échapper. Des trous noirs, si tu veux.
Diane ouvrit de grands yeux.
— Des trous noirs ?
Einstein hocha la tête.
— Oui, mais je ne pense pas qu’on les verra jamais… Ce sont des objets si mystérieux qu’ils resteront sûrement invisibles pour toujours.
Diane sourit malicieusement.
— Vous vous trompez, Professeur Einstein ! Aujourd’hui, on sait qu’ils existent et on a même pris une photo d’un trou noir !
Einstein la fixa, les yeux pétillants d’amusement.
— Alors ça, c’est incroyable !
Diane allait ajouter quelque chose quand soudain, elle sentit une nouvelle fois cette sensation étrange…
Le monde autour d’elle s’effaça.
Elle était de retour dans le grenier de Papy Philippe.