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Diane cligna des yeux. Elle était de retour dans le grenier de Papy Philippe. La lumière de la machine s’éteignit doucement, comme si rien ne s’était passé. Pourtant, elle sentait encore la chaleur du soleil de Syracuse sur sa peau.
Elle posa une main sur son front. Archimède n’était pas convaincu que le Soleil soit au centre de l’Univers… Elle trouvait cela étrange, mais après tout, à son époque, peu de gens le pensaient. Cela la frustrait. Il fallait qu’elle en ait le cœur net !
D’un geste décidé, elle posa la main sur le deuxième levier, celui marqué 1620, et le poussa sans hésiter.
La machine se remit aussitôt en marche. Des lumières clignotèrent, les cadrans tournèrent à toute vitesse et une sensation de vertige la prit à nouveau. Tout se brouilla… Puis, en un instant, le grenier disparut.
Diane se retrouva debout au milieu d’une place pavée, entourée de hauts bâtiments de pierre aux fenêtres ornées de volets en bois. L’air était plus frais qu’en Sicile, et elle sentait l’odeur du pain chaud et du cuir flottant dans les ruelles. Des hommes en longues robes noires discutaient à voix basse tandis que des marchands vantaient leurs marchandises.
Un homme d’une soixantaine d’années passa devant elle. Il portait une cape sombre et une large fraise blanche autour du cou. Ses yeux brillaient d’intelligence derrière une barbe soigneusement taillée.
— Bonjour, jeune fille, puis-je t’aider ? demanda-t-il en s’arrêtant devant elle.
Diane leva la tête et sentit son cœur bondir d’excitation.
— Vous… vous êtes Galilée ? demanda-t-elle, à moitié tremblante.
L’homme sembla surpris.
— Oui, en effet. Comment connais-tu mon nom ?
Diane réalisa qu’elle devait être prudente cette fois.
— Je suis une grande curieuse et j’adore apprendre. Je voulais vous poser une question… Vous avez fait des découvertes sur notre système solaire, n’est-ce pas ?
Galilée haussa un sourcil, visiblement intrigué, mais flatté.
— En effet. Grâce à ma lunette astronomique, j’ai pu observer le ciel comme personne avant moi.
Diane sentit l’excitation monter.
— Alors… est-ce bien vrai que le Soleil est au centre et que la Terre tourne autour ?
Galilée l’observa attentivement, puis sourit.
— Ah ! Voilà une excellente question ! C’est ce que Copernic a affirmé il y a presque cent ans, et mes observations le confirment.
Il fit un geste en direction d’un bâtiment en pierre où une carte céleste était accrochée au mur.
— Grâce à ma lunette, j’ai vu que Vénus a des phases, comme la Lune, ce qui prouve qu’elle tourne autour du Soleil. J’ai aussi découvert que Jupiter a des lunes qui ne tournent pas autour de la Terre, mais bien autour de Jupiter elle-même ! Cela prouve que tout ne tourne pas autour de nous !
Diane ouvrit grand les yeux.
— Mais… tout le monde accepte ça maintenant, non ?
Galilée soupira et regarda autour de lui avant de répondre plus bas :
— Hélas, non… L’Église n’apprécie pas cette idée. Ils veulent croire que la Terre est immobile et au centre de l’Univers. Affirmer le contraire est dangereux…
Diane sentit un frisson lui parcourir l’échine.
— Mais c’est pourtant vrai !
Galilée hocha doucement la tête.
— La vérité a parfois du mal à être acceptée, jeune fille. Mais un jour, elle triomphera.
Diane sentit son cœur battre plus fort. Elle venait d’avoir la confirmation qu’elle cherchait… Mais avant qu’elle ne puisse poser une autre question, une sensation familière l’envahit.
Le monde autour d’elle commença à tourbillonner.
— Non, pas encore ! protesta-t-elle.
Mais il était déjà trop tard…