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Diane sentit une excitation mêlée d’appréhension en regardant le dernier levier de la machine. "2150". Cette fois, elle ne voyagerait pas vers le passé… mais vers l’avenir.
Prenant une grande inspiration, elle posa sa main sur la manette et la poussa lentement.
La machine s’anima une dernière fois. Les lumières se mirent à clignoter frénétiquement, les cadrans tournèrent à toute vitesse, et Diane sentit un vertige encore plus intense que les fois précédentes.
Puis, le silence.
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, Diane se retrouva dans une pièce étrange, aux murs lisses et blancs, baignée d’une lumière douce et diffuse. Devant elle se tenait un humanoïde métallique à l’allure étonnamment élégante. Sa peau semblait faite d’un métal brillant, et ses yeux lumineux la fixaient avec une expression presque humaine.
— Bonjour, Diane, dit-il d’une voix calme et fluide. Nous t’attendions.
Diane recula légèrement, surprise.
— Vous… vous saviez que j’allais venir ?
L’humanoïde hocha la tête.
— Oui. Nous avons appris à anticiper certaines choses. L’histoire des sciences nous a appris que ceux qui posent des questions finissent toujours par chercher des réponses.
Diane sentit son cœur s’emballer.
— Alors, j’ai une question ! Les trous noirs… est-ce qu’ils existent vraiment ?
L’humanoïde marqua une pause, puis répondit :
— Oui, Diane. Einstein avait raison. Non seulement ils existent, mais nous savons désormais qu’ils sont bien plus que de simples abîmes noirs. Ce sont des passerelles vers d’autres univers.
Diane écarquilla les yeux.
— Des passerelles ? Vous voulez dire qu’ils mènent ailleurs ?
— C’est exact. Nous avons envoyé des sondes dans certains d’entre eux… mais nous n’avons pas encore reçu de réponse.
Un frisson parcourut le dos de Diane.
— Ça veut dire que quelque chose ou quelqu’un pourrait être de l’autre côté ?
L’humanoïde inclina la tête légèrement.
— Peut-être. Mais nous ne le savons pas encore. Il y a tant de choses à découvrir…
Diane hocha la tête, fascinée. Puis, une autre question lui vint en tête. Une question qui la préoccupait depuis longtemps.
— Et… le réchauffement climatique ? Est-ce qu’il a causé des ravages ?
L’humanoïde resta silencieux un instant avant de répondre :
— Oui, Diane. Il a bouleversé la Terre. Les océans ont monté, des villes ont disparu, des espèces se sont éteintes… mais les humains ont trouvé des solutions.
Diane poussa un soupir de soulagement.
— Alors, tout va bien maintenant ?
L’humanoïde sourit doucement.
— Pas vraiment. Chaque réponse apporte une nouvelle question. Comme dans l’étude de l’Univers, résoudre un problème en crée d’autres. L’Humanité s’est adaptée, mais elle fait maintenant face à d’autres défis…
Diane sentit son estomac se serrer.
— Comme quoi ?
L’humanoïde la regarda avec bienveillance.
— C’est une question pour une autre époque.
Avant qu’elle ne puisse poser une autre question, Diane sentit de nouveau cette sensation familière…
Tout autour d’elle devint flou, la lumière l’enveloppa…
Et elle se retrouva une dernière fois dans le grenier de Papy Philippe.
Diane resta un moment sans bouger, le cœur battant. Elle jeta un dernier regard à la machine, encore illuminée d’une lueur faible avant de s’éteindre pour de bon.
Elle se releva doucement et descendit l’escalier. En passant par le salon, ses yeux se posèrent sur le tableau accroché au mur : le portrait d’Albert Einstein, avec son célèbre sourire malicieux et son équation E = mc² inscrite à côté.
Elle croisa les bras et l’observa un moment, avant de murmurer avec un sourire :
— Vous avez été un sacré personnage quand même !
Et, quelque part, elle crut voir Einstein lui faire un clin d’œil.