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Diane sent une étrange sensation l’envahir, comme si tout autour d’elle disparaissait. Un tourbillon de lumières l’engloutit, son cœur s’accélère, puis… silence.
Lorsqu’elle rouvre les yeux, elle n’est plus dans le grenier de son papy. Devant elle s’étend une ville antique, baignée de soleil. Des maisons blanches aux toits de tuiles, des colonnes majestueuses, des statues de marbre… et des hommes en toges qui discutent au bord d’une grande place.
Diane se frotte les yeux. Où est-elle ?
— Toi, jeune fille, d’où viens-tu ?
Elle se retourne et découvre un homme à la barbe fournie, vêtu d’une tunique blanche, occupé à tracer des cercles sur un parchemin avec un compas. Ses yeux pétillent d’intelligence.
— Je… je m’appelle Diane, balbutie-t-elle. Et vous, qui êtes-vous ?
L’homme sourit.
— Je suis Archimède.
Diane écarquille les yeux. Le grand Archimède ? Celui des livres d’histoire ? Elle sent son cœur battre plus vite.
— Mais alors… je suis dans l’Antiquité ?
Le savant hoche la tête, intrigué.
— En effet. Nous sommes à Syracuse, en Sicile. Mais dis-moi, que fais-tu ici ?
Diane hésite. Elle n’allait quand même pas lui dire qu’elle venait du futur !
— Je… je vous ai vu en train de travailler. Que faites-vous ?
Archimède lève les yeux vers le ciel d’un bleu éclatant.
— Je calcule la distance entre la Terre et la Lune.
Diane cligne des yeux.
— Mais comment ?
Le savant prend une branche et dessine dans le sable.
— Regarde. Lorsque la Lune est à moitié éclairée, on peut estimer l’angle entre elle, la Terre et le Soleil. En utilisant ce que l’on sait de la géométrie et des proportions, on peut calculer la distance qui nous sépare d’elle.
Diane fronce les sourcils.
— Comme avec un triangle ?
Archimède sourit, impressionné.
— Exactement ! Nous utilisons un grand cercle imaginaire et mesurons les angles entre les astres. Nous savons déjà que la Lune est bien plus loin que ce que certains imaginent.
Diane lève les yeux vers le ciel, fascinée.
— Et… à votre époque, comment imaginez-vous l’Univers ?
Le savant réfléchit.
— Certains pensent que la Terre est au centre de tout, entourée de sphères parfaites où tournent les astres. D’autres, comme Aristarque de Samos, pensent que le Soleil est au centre et que la Terre tourne autour. Mais cette idée est bien difficile à accepter…
Diane ouvre de grands yeux.
— Pourtant, c’est vrai !
Archimède l’observe avec curiosité.
— Voilà une affirmation bien étrange, jeune fille. D’où tiens-tu cela ?
Diane sent son visage s’empourprer. Aïe ! Elle en a peut-être trop dit…